Ce billet traitera de l'avantage économique que les plus pauvres de la société ont à tirer du libre-marché. Ce libre-marché qui a mauvaise réputation, car on pense, à tord, qu'il avantage les riches et punie les pauvres.
La recherche du profit
On s'entend sur une chose. Les entreprises n'ont comme seul et unique but, l'augmentation continuelle de leur profit.
Une autre chose sur laquelle on doit s'entendre dès le départ est que les consommateurs recherchent également l'augmentation de leur profit. Si la notion semble simple et évidente du coté de l'entreprise, elle l'est moins du coté du consommateur. Je vous invite à me suivre dans ce raisonnement.
Nous, en tant que consommateur, complétons des échanges commerciaux dans le but de satisfaire un besoin, un envie, une pulsion. Notre monnaie d'échange est l'argent. C'est simple et efficace. Quel est le but ultime de tout le monde. D'obtenir le maximum avec la quantité d'argent qui est disponible. Admettons que je dispose de 100$ dans mon portefeuille, je ferai mes choix de consommation afin d'obtenir le maximum de satisfaction de cet argent. Bien sûr, je comblerai d'abord mes besoins primaires, ensuite mes besoins secondaires et finalement, s'il en reste, je comblerai des besoins tertiaires selon mes préférences personnelles.
Selon mes préférences personnelles, je le répète. Donc, si je décide de dépenser 10$ pour un billet de cinéma, je considère que je désire plus ce billet que le 10$ dont je me suis départi. Mon profit dans la transaction est la jouissance du film que j'ai pu aller voir. Si je n'avais pas fait de profit, pourquoi aurais-je complété la transaction? Si la jouissance du film ne me procurait pas plus de satisfaction que de garder ce 10$ alors pourquoi ne l'aurais-je pas dépensé à d'autres fins?
Donc, dans nos échanges, clients et fournisseurs doivent trouver le compromis idéal entre le désir de profit du fournisseur et celui du consommateurs. De ce fait les deux parties obtiennent le maximum qu'ils peuvent avoir de la transaction, car le vendeur ne vendrait pas si votre dollars ne lui plaisait pas plus que ce dont il se départit et le consommateur n'achèterait pas si le produit ou le service ne l'intéressait pas plus que le dollars qu'il ne possède plus.
La maximisation des profits
Comment les parties peuvent-ils optimiser leurs profits respectifs? Du coté du consommateur c'est très simple. Il ne suffit qu'au consommateur d'acquérir, avec son dollars, la chose qui l'intéresse le plus parmi toutes les possibilités disponibles selon les prix. Plus il y a de possibilités et plus le consommateur a le choix de comment dépenser son dollars de la meilleure façon possible pour lui.
Pour le producteur, l'offrant, la meilleure façon de maximiser son profit est de s'assurer de faire l'utilisation la plus efficace possible des facteurs de production. Ce faisant, ils s'assurent que les ressources disponibles, qui sont limités, sont utilisés de la façon la plus efficace possible, que le maximum de produits et services est produit avec les ressources, éliminant au maximum le gaspillage. Bien sûr, les entreprises visent l'élimination du gaspillage non pas comme une fin en soi, mais plutôt comme un moyen de maximiser leurs profits.
Comment l'atteindre?
La meilleure façon de s'assurer que le consommateur et le producteur soient en mesure de toujours maximiser leurs profits est de les laisser libre de toute entrave dans la poursuite de leurs échanges. Oui, l'état doit protéger la liberté et la propriété de tous et chacun afin que toutes les transactions soient effectués de façon libre, sans contrainte, d'un accord commun. Quand personne n'est contraint d'effectuer une transaction contre son gré, pourquoi, alors, des lois devraient empêcher les deux parties d'établir les règles qu'ils désirent?
Je tiens à faire une petite parenthèse pour ceux qui serait tenter de protester de la façon suivante: "Si l'état n'intervient pas dans le libre-marché, comment alors peut-on s'assurer de contrôler la pollution, ou le bruit, ou tous les désagréments que peut causer un processus de production?". C'est ici que les droits de propriété deviennent important. Prenons l'exemple de la pollution de l'air, par exemple. L'air appartient à tout le monde, elle circule librement. L'état, dans son rôle de protection de la propriété, ici publique, est dans son rôle légitime d'imposer des normes et des sanctions pour protéger la qualité de notre air. Toutes amendes, ou tarifs, qu'elle pourrait prélever à l'entreprise ne respectant pas ces normes serviraient exclusivement pour le renforcement de cette protection. Resterait juste à trouver une façon d'établir les règles qui ne tiendraient pas seulement compte des revendications des écologistes, mais bien de l'ensemble de la société. (Ce point peut me différencier légèrement d'autres libertariens alors faites attention à l'association de cette idée avec le courant libertarien). Pour le reste, c'est à tous et chacun de défendre sa propriété de façon légitime.
Donc, comme je le disais avant la parenthèse, la meilleure façon d'assurer l'optimisation est de laisser la liberté aux acteurs de réaliser les échanges qu'ils veulent selon les conditions que eux seuls décident. Ainsi, les intervenants s'assurent individuellement d'obtenir le profit maximum à chaque transaction tant du coté du vendeur que de l'acheteur. L'état, en intervenant continuellement dans les processus d'échanges commerciaux, vient créer des contraintes qui réduisent cette possibilité qu'on les deux parties de retirer le maximum de leurs échanges. En retenant ce principe, pourquoi a-t-on besoin de cadre venant de l'état dans la réalisation de la transaction? L'état ne fait que qu'imposer des barrières à l'échange qui vont réduire le profit du producteur ou du consommateur selon le cas. Peu importe qui est privé du profit, c'est l'ensemble du système économique (donc tout le monde) qui en souffre.
Un exemple
Prenons le cas de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec qui est clairement une entité qui intervient dans le marché du lait, par exemple. Cette régie fixe un prix plancher pour la vente de lait. Si son intervention impose un prix plancher inférieur au prix du marché, aucun problème. Le prix serait plus haut que le prix fixé par la loi, mais si c'était le cas dans la réalité, on ne parlerait même pas d'un prix plancher. Donc, ce que nous observons c'est que ce prix plancher influe sur le marché. Cette influence fait en sorte que les consommateurs, nous, paient trop cher leur litre de lait. Comment est-ce possible? C'est simple.
Les producteurs sont prêt à investir dans la production laitière pour fournir un nombre X de litre de lait selon le prix qu'ils peuvent obtenir. Plus ils peuvent faire de l'argent avec le lait et plus ils vont essayer d'en produire une grande quantité. Moins c'est payant et moins ils vont produire. Ça peut s'expliquer par plusieurs facteurs comme les coûts de développement et d'exploitation qu'il faut amortir ou bien le simple fait que les ressources nécessaires à l'expansion de l'offre laitière peuvent être plus rentables ailleurs sous un prix moindre du litre de lait.
Donc, si on maintient, par une loi, le prix du lait trop haut, on va envoyer un mauvais signal à l'industrie laitière qui produira plus que la quantité efficace sur le marché, car les producteurs on l'impression, à cause du prix, que l'investissement laitier est plus rentables qu'il ne l'est en réalité. Oui, les producteurs sont content, car ils peuvent écouler leur lait à un prix supérieur qu'il ne le ferait dans un libre-marché, mais ce sont les consommateurs, vous, moi, qui paient la note. Cette norme imposée sur le marché désavantage les acheteurs (dont les plus pauvres) pour avantager les producteurs.
Bien sûr, ce mauvais signal qui est envoyé devrait, normalement, amener une surproduction dans le marché du lait qui amènerait alors le prix vers le bas afin d'équilibrer la demande et l'offre. On évite cet ajustement (qui profiterait aux consommateurs) par la gestion de quota de production. Ainsi, on produit une quantité moindre de lait à un prix supérieur que ce qu'on observerait dans un marché un équilibre.
On défend une telle mesure en prétendant qu'elle est nécessaire pour protéger les revenues des agriculteurs et ainsi s'assurer qu'ils restent en affaire afin de nous approvisionner. C'est complètement idiot comme raisonnement. Si, effectivement, les prix devaient baisser sur le libre-marché, nous observions, en effet, certains producteurs qui devraient essuyer des pertes et probablement fermer leurs portes. Ces départs diminueraient l'offre de lait sur le marché et les prix remonteraient pour retrouver l'équilibre permettant ainsi aux producteurs restants de faire des profits. Nous aurions encore du lait à un prix et selon une quantité qui sera décidé par les forces du marché. Nous aurions alors un prix inférieur et une quantité supérieure disponible sur nos tablettes. Cette mesure de contrôle a seulement été établie suite à la pression d'un lobby qui a essayé d'augmenter ses profits au maximum au dépend des consommateurs. Ce qui est malsain dans ce processus, c'est que ça nous est imposé par une loi et non par véritable nécessité économique.
Un contrôle des prix sur un marché, ou bien une distorsion du prix causé par des interventions étatiques, amènent soit une situation de pénurie ou bien une situation de surplus dans les processus de production. On peut éviter ces situations par la gestion des quantités (comme les quotas vu plus haut), mais d'une façon ou d'une autre, on influe sur les processus de production et on change le prix des facteurs de production qui peut nuire à d'autres secteurs de l'économie. Ni l'un ni l'autre n'est souhaitable, car, d'un coté comme de l'autre, on observe une perte d'efficacité vu la sous-utilisation ou la sur-utilisation de ressources dans l'économie.
Sur-utilisation et sous-utilisation des ressources et les plus démunis
Nous voici à l'essence de mon billet. Comment les concepts expliqués plus haut font-ils en sorte d'aider les plus pauvres. Encore ici, c'est très simple.
Dans un marché de surproduction, les prix sont trop élevés, car sinon comment expliquerions-nous le fait que les producteurs décident de trop produire? Si trop d'un produit ou service est offert, c'est que les producteurs réagissent à un indicateur faussé, soit le prix, qui leur fait croire que l'investissement est plus rentable qu'elle ne l'est en réalité. Donc, en situation de surproduction, les consommateurs payent trop cher pour le produit qu'il ne le ferait dans un véritable libre-marché. Cette surenchère nuit aux plus pauvres, car ce sont eux qui sont les plus sensibles à une différence de prix. En plus cette surproduction réduit la quantité de ressources disponibles pour la fabrication d'un autre bien ou service ce qui peut faire monter le prix d'un autre bien essentiel à cause des facteurs de production qui sont plus cher qu'il ne le serait dans un libre-marché, car ces facteurs sont utilisés pour trop produire du premier produit.
Dans un marché de sous-production, les prix sont, encore ici, trop élevé, car comme il y a une forte demande pour le produit ou le service en question, les consommateurs désirant le plus le produit sont prêt à payer plus cher pour l'avoir. Si 5 personnes veulent acheter la seule pelle disponible au magasin, le plus offrant aura la chance de jouir de l'article. Selon le même principe, ceux qui sont désavantagés par ce prix plus élevés sont les plus pauvres.
À noter
Bien sûr, on peut élargir les exemples d'interventions étatiques dans l'économie, mais elles auront toujours comme résultat d'influer sur les prix ou bien les quantités produites d'un bien ou service (ce qui influe sur le prix également), car elle crée toujours des contraintes à l'efficacité. Ce faisant, on observe soit l'accaparement de facteurs de production qui auraient été plus utiles ailleurs ce qui peut faire augmenter le prix d'autres biens ou bien l'augmentation du prix de ce bien ou service au dessus de ce qu'il devrait être sur le marché. De toute façon, ces interventions nuisent à ceux qui sont sensibles à une augmentation du prix: les moins nantis.
Concentration de la richesse
Suite à ce qui vient d'être expliqué plus haut, on peut donc voir qu'un libre-marché permet à tout le monde (et aux plus démunis, bien entendu) de profiter de meilleurs prix dans leurs consommations ou bien d'assurer une quantité suffisante dans la production d'un bien qui peut ensuite être "distribué" parmi les consommateurs selon leurs préférences. Par contre, on peut tout de suite voir arriver les défenseurs des victimes des méchants monopoles qui eux peuvent décider du prix, car ils ne sont pas soumis au libre-marché, étant tout seul. Et bien, c'est faux. Le monopole a le choix du prix, certes, mais les consommateurs ont toujours le choix de décider de la quantité achetée. Si le prix proposé par le producteur est trop élevé, les consommateurs vont alors limiter leurs consommations et le producteur n'aura d'autres choix que de s'ajuster afin de maximiser son profit.
Aussi, il faut savoir qu'il existe deux types de monopoles: légal ou naturel. Le premier jouit d'une protection étatique soit par le biais d'un brevet, d'un droit de propriété intellectuelle ou bien d'un décret quelconque (SAQ, Loto-Québec ou Bell à une certaine époque, par exemple). Ces monopoles-là, n'existerait pas sous un état minimum. Pour le deuxième, le monopole naturel, existe tout simplement parce que la réalité économique fait que l'efficacité est à son maximum quand c'est une seule entreprise qui fournit le service. Ça peut s'expliquer par des coûts fixes énormes, par exemple, qui fait que seul une énorme clientèle peut arriver à rentabiliser l'entreprise. Ces monopoles-ci existe qu'il y est état ou non. Donc, le problème monopolistique ne se pose que dans le cas du monopole légal, protégé par l'état. Prenons, par exemple, Bell qui a très longtemps pu jouir d'un monopole. Cette protection ne les a jamais forcé à offrir le meilleur service au meilleur prix ce qui, en bout de ligne, a nuit aux consommateurs. Maintenant, avec la concurrence dans les télécoms, on observe une amélioration rapide et constante des services offerts qui ne seraient pas arriver sous un monopole, ce dernier n'ayant pas de compétition vers qui les clients peuvent se tourner.
C'est cette compétition qui assure que, nous, les consommateurs obtenons le maximum. Même si nous sommes aux prises avec deux producteurs monopolistiques, nous aurons toujours le choix de celui que nous désirons encourager ce qui, par concurrence, oblige le deuxième à réduire son prix. En théorie, on pourrait dire que ce serait mal si un bien essentiel comme la nourriture serait sous contrôle monopolistique, mais en pratique on voit bien qu'il y a une concurrence féroce dans ce domaine.
Conclusion
Trop de gens croient, à tord, qu'un gros état est nécessaire pour assurer la justice pour tous. Mais où est la justice quand on force les gens à donner une partie de leur salaire contre leur gré ou bien quand on les force à adhérer à une assurance alors qu'il aimerait se débrouiller d'une autre façon. Ce n'est juste que pour les bénéficiaires. Je crois que la justice se trouve là où chacun joue selon les mêmes règles et où chacun à le loisir de jouir de sa propriété à sa façon.
De plus, il faut comprendre que l'état nuit à l'efficacité et que, très souvent, ses actions sont motivées par une réélection plutôt que par une véritable envie de rendre le monde meilleur. Pensions aux garderies à 7$, au Québec, qui avantagent les riches et désavantagent, comme une majorité d'interventions étatiques, les pauvres.
Je suis convaincu que les plus démunis seraient mieux servis sur une base de solidarité volontaire assurée par l'ensemble des gens.
Oui, ça demande un effort intellectuel pour bien saisir les avantages indéniables du libre-marché. Ça demande une remise en question des préceptes qu'on entend depuis notre tendre enfance, mais cet effort vaut la peine pour l'avenir de nos enfants.

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