Ceci est le troisième tome de ma série d'articles expliquant un peu mieux mes motivations d'adhérer aux principes libertariens. Vous pouvez trouver le premier tome, le coté social, ici, et le deuxième qui traite de la monnaie, ici.
Ce billet que je vous présente traitera encore d'économie. Par contre, je tenterai de vous démontrer les problèmes que causent les interventions étatiques. Avant d'entreprendre votre lecture, je vous suggère de lire mon billet sur la monnaie, car ce qui suit se veut un complément d'informations.
L'argent du gouvernement
Il est important de bien comprendre d'où vient l'argent du gouvernement. Il y a trois sources de financement que l'état peut utiliser pour arriver à ses fins. Soit via la taxation (impôts, tarifs, taxes, etc.) soit en s'endettant soit en créant de la monnaie.
La taxation vient chercher l'argent dans la poche des contribuables pour ensuite la dépenser en services divers offert par le gouvernement. L'argent vient de nos poches, passe par l'état, subit une cure minceur en frais administratifs (qui souffrent d'embonpoint au Québec) et nous revient en service.
L'endettement consiste à emprunter de l'argent à quelque part, lui faire subir une cure minceur en frais administratif et nous la donner en service. Cette dette doit alors être repayée. Qui est responsable du remboursement? Le contribuable.
La création de monnaie a été bien expliquée dans mon billet précédent dont vous avez le lien en introduction. Encore ici, c'est encore nous, indirectement, qui se trouve à financer cette méthode.
Donc, peu importe la façon dont le gouvernement s'y prend pour trouver de l'argent, c'est toujours la population, le contribuable, les citoyens, les humains qui se trouvent à payer la note.
L'efficience et la productivité
L'économie est la somme des interactions, échanges, moyens de productions et de distributions des biens et services. Comme les ressources disponibles dans une économie sont limitées, le but ultime est de réussir à optimiser au maximum les ressources que nous avons dans le but de réussir à faire plus avec moins.
Par exemple, si nous avons un médecin de disponible dans une économie X. Le but ultime est de permettre au médecin de soigner le maximum de patients. L'amélioration et l'optimisation des processus de traitement permettront à notre médecin de constamment améliorer son rendement. Ce gain est alors bon pour tout le monde. Plus de patients sont soignés et le médecin fait plus d'argent, car il soigne plus de gens.
Si un deuxième médecin s'implante dans cette même économie, les deux se feront alors concurrence pour obtenir la plus grande part possible du gâteau. Ainsi, chaque médecin essaiera d'atteindre le meilleur ratio qualité/coût afin de faire le maximum de profits. Ainsi, les clients auront le loisir de choisir ce qu'ils préfèrent. Les médecins devront s'adapter aux désirs de la clientèle sinon, cette dernière sera libre d'aller voir ailleurs.
Donc, la recherche de la satisfaction, de la part de la clientèle, et la recherche de profit, du coté du fournisseur, nous assure une utilisation de plus en plus efficiente de l'ensemble des ressources disponibles dans une économie.
La non-efficience de l'état
Le problème avec l'état, c'est que sa capacité d'adaptation et de compréhension de l'efficacité de l'utilisation des ses ressources est limité par un paquet de facteurs. Cela fait en sorte que la production de biens et services nous coûte économiquement plus cher que s'ils étaient fournis par des fournisseurs non étatiques.
Commençons par la lenteur de l'appareil législatif. L'assemblée nationale vote des lois. Ces lois répondent normalement à un besoin de la société (à vous d'en débattre, ce n'est pas l'objet de mon billet). Ces lois ont un impact financier et économique, normalement, sur le domaine touché. Après qu'une loi est été voté, les moyens de productions se mettent en branle pour mettre en application cette dîtes loi. L'application se veut peut-être un service ou encore une équipe de surveillance, peu importe. Le fait est que même si le contexte, la réalité ou le besoin change, la loi et l'appareil qui la supporte ne change pas aussi rapidement de par le fait de la lourdeur de l'appareil législatif. Donc, l'état se trouve à perde constamment de l'efficience dans plusieurs dossiers à cause de ce simple fait ce qui résulte à une perte économique.
Ensuite, l'état n'a, très souvent, aucun concurrent. L'absence de concurrence enlève un outil important aux administrateurs pour juger de l'optimalité dans l'utilisation des ressources, car en l'absence de concurrence, comment on peut savoir que nos services sont trop chers. Aucun client ne déserte. Ainsi, on se trouve encore avec une perte économique à plusieurs égards.
De plus, nous avons vu plus haut comment l'état trouve son financement. Elle utilise son pouvoir législatif pour imposer, la plupart du temps, le paiement du dit service à tout le monde. Donc, les utilisateurs n'ont pas à payer directement pour le service ce qui crée une demande démesuré et qui, selon la loi de l'offre et la demande, fait exploser les coûts. Ces coûts se retrouvent nécessairement au dessus du prix du marché et donc, encore ici, nous avons une perte économique.
La corruption et le favoritisme
En plus de l'absence d'indicateur à l'optimisation, vous devez consentir que l'étatisme mène nécessairement vers le favoritisme ou la corruption. Si une personne a un énorme pouvoir sur des décisions gouvernementales, qui obligent des dépenses publiques, financé via l'impôt sans laisser la chance aux gens de refuser, il est certain que les entreprises qui ont le potentiel de bénéficier des ces fonds publics vont tout faire pour avoir leur part du gâteau. Elles vont trouver des façons de convaincre les décideurs de la qualité de leur entreprise et vont tout mettre en oeuvre pour faire pencher la balance de leur coté. Personne ne peut leur en vouloir, ils pensent à leurs intérêts avant tout comme 95% des gens.
Du coté du décideur, du politicien, du haut-fonctionnaire, de l'administrateur, il arrivera un moment où les bénéfices seront assez grand pour prendre les risques d'un acte de corruption ou de favoritisme. Encore plus facilement, si le tout est fait de façon légal.
Peut-être aussi que certaines mesures et/ou lois sont mises en place dans le but de satisfaire un groupe d'intérêt. Groupe d'intérêt qui a des avantages financiers à la mise en place d'un projet gouvernemental, normalement.
Quand la sphère d'influence de l'état se retrouve dans presque toutes les sphères de l'économie, il est facile de comprendre que de la distorsion se crée et on peut aussi supposer que dans certains cas, les gagnants ne sont pas les meilleurs, mais les mieux branchés...
Oui, mais les pauvres?
Beaucoup de personnes prônent que l'intervention gouvernemental est nécessaire pour assurer un niveau de vie décent aux pauvres. À voir l'omniprésence de notre état actuel, on pourrait se demander comment se fait-il qu'il y est encore des pauvres? Je vois la chose d'une autre approche.
Premièrement, le fait de trop donner aux démunis ne les encouragent pas à se sortir du pétrin. Quand tu es capable de subvenir à tes besoins primaires et que tu traînes la dépendance à l'état trop longtemps, tu vas finir par en faire un mode de vie. L'humain s'adapte à toutes les situations aussi bien celle de compter ses cennes.
Ensuite, je ne comprends pas pourquoi il faudrait aider les moins nantis via le gouvernement. Pourquoi est-ce que l'on n'éliminerait pas cet intermédiaire? Je vous invite à lire ce billet pour expliquer le point de vue libertarien sur la solidarité.
De plus, certains libertariens seraient prêt, je crois, à accepter une sorte d'aide socialiste pour les démunis (bien plus épuré qu'aujourd'hui -tout le monde doit faire des concessions), mais pourquoi faudrait-il subventionner des entreprises? des artistes? des festivals? Pourquoi faudrait-il financer publiquement le transport en commun? les pistes-cyclables? l'université? Je suis prêt à accepter d'aider les moins chanceux via l'état (je le ferais de toute façon individuellement), mais de financer les millions de groupe d'intérêt, il y a une marge.
Donc
Si on ne tient pas compte du coté monétaire dont j'ai traité dans la première partie, il faut comprendre que l'état est un frein au développement économique pour les raisons d'efficience que j'ai mentionné et, le plus important, l'état est devenu avec le temps un outil pour les groupes d'intérêt et les lobbys d'empêcher leur concurrent de leur mettre des bâtons dans les roues ou bien d'obliger l'ensemble de la population à financer leurs activités. D'un côté comme de l'autre, c'est injuste pour les citoyens et moralement inacceptable.
Il faut faire attention quand on dénonce les problèmes de notre société. Souvent on attaque ce qu'on croit être la cause, mais si on regarde plus loin encore, on réalise que cette supposée cause est le résultat d'une intervention étatique. Les gens n'en sont plus conscients, ça dure depuis tellement longtemps...
jeudi 22 juillet 2010
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