Je vais essayer d'éclaircir une chose concernant la privatisation des soins de santé qui semble faire si peur à une majorité de gens. Plusieurs semblent s'imaginer que si notre système de santé n'était plus totalement public, nous assisterions à des injustices et nous verrions des personnes laissés de coté.
Je vous invite à faire un effort de remise en question avec moi.
La situation actuelle
Arrêtons de faire l'autruche. Notre système de santé est loin de l'efficience. Des gens meurent sur les listes d'attentes, on attend 24 heures avant de se faire soigner à l'urgence, c'est difficile de voir son médecin dans la même semaine, les établissements de soins longues durées subissent un manque criant de ressources. Peut-être que nous avons un système équitable pour tout le monde, mais avouez que c'est un peu médiocre comme service. Beaucoup de gens ne vont pas se faire soigner tout simplement parce que c'est trop compliqué ou trop long.
Ceci étant dit, je vous invite à considérer une nouvelle approche. Bien qu'elle soit loin de l'idéal libertarien, ce serait déjà une excellente amélioration à la condition actuelle. Comme la plupart des gens désirent conserver un financement collectif des soins de santé, mon opinion et celle de mes compatriotes libertariens doit donc s'adapter. Voici ce que je propose.
Deux concepts à séparer
Premièrement, il importe de bien comprendre la différence entre financement des soins de santé et prestation des services santés. Les deux sont différents et doivent être traités comme tel.
La prestation des soins se veut les équipes médicales en tant que tel ainsi que les systèmes, équipes et infrastructures qui s'y rattachent. La prestation c'est quand vous, en tant que patient, recevez des services médicaux de toute nature que vous jugez avoir besoin.
Le financement est tout simplement la façon de payer ces soins médicaux. C'est où on peut trouver le cash...
La prestation des soins
Face à nos problèmes flagrants de finance publique et considérant que le plus gros poste budgétaire est la santé et en sachant que les coûts vont augmenter, je crois que c'est là qu'il faut réviser le plus nos positions.
J'ai la ferme conviction que la prestation des soins de service devrait être passée au privé. Gardez en tête la prestation, non pas le financement, des services. La concurrence s'occupera alors d'augmenter la qualité des services. Les administrateurs d'hôpitaux, de CLSC ou autre, chercheront constamment à améliorer leur productivité et la qualité de leurs services afin de réussir à séduire le maximum de clients (et oui, des clients plutôt que des patients). Chaque client devient une source de revenu dont les propriétaires veulent obtenir la plus grande part possible. Les clients ont alors le choix de leurs fournisseurs de service de santé selon leur préférence.
Il est évident qu'une majeure partie de la bureaucratie serait éliminé pour octroyer les ressources là où ça compte: pour satisfaire la clientèle (infirmières, médecins, techniciens, etc.). Les malades seraient gagnants. Ils pourraient choisir l'établissement offrant le meilleur service selon leurs critères et seraient toujours libre de changer de fournisseurs en cas de désaccord. On peut observer des beaux exemples de prestation de services offert par le privé pour les chirurgies lasers oculaires (dont les prix baissent sans cesse), les soins chiropratiques, les soins optométriques, etc. Si on considère que l'aspect prestation de soin, on peut dire que la qualité du service est très supérieur à ce qu'on peut observer dans le public, ne serait-ce que pour les délais pour obtenir un rendez-vous. Quand j'appelle mon chiro, il me reçoit la journée même. Pratique quand on a mal du dos... S'il ne peut pas me recevoir rapidement, je peux toujours me tourner vers son concurrent qui se fera un plaisir de me satisfaire. C'est bien quelque chose qu'on ne peut pas faire dans notre système de prestation public.
Si on observait la même chose dans l'ensemble du système de santé, je suis convaincu que la qualité des soins et du service offert aux patients en serait augmenté.
Le financement maintenant
Voici le point qui inquiète la majorité des gens, je pense. Beaucoup ont tendance à confondre financement et prestation de soins. C'est pourquoi j'ai tenu à les démystifier plus haut. Donc, du coté du financement, je crois que la majorité des québécois tiennent à un système collectif qui assure des services à tout le monde, même au plus démunis.
Ceci étant dit, il faut penser à un système de financement qui respecte ce désir, mais qui assure que tout le monde soit conscient des coûts de la santé.
Au lieu de fusionner les coûts des soins de santé dans les impôts, il faudrait penser à un système qui permet au citoyen de contrôler les coûts des soins et qui le fait prendre conscience des impacts de ses décisions sur son portefeuille.
Il faut que les gens prennent conscience des coûts réels et qu'ils y soient confrontés à différents niveaux. L'assurance santé peut être publique et universelle pour couvrir les mauvaises surprises, les événements inattendus. Bref, elle devrait servir à ce que toute bonne assurance sert: couvrir le risque comme un accident, un cancer, une maladie, une infection... Les choses qu'on ne peut pas prévoir. On peut établir un déductible assez élevé pour décourager les abus, mais assez bas pour ne pas trop nuire à personne. Ce même déductible peut être couvert par une autre assurance privée si la personne le désire.
Pour les soins normaux et prévisibles (examen annuel de routine, grossesse, etc.), ils peuvent être planifié par tous et chacun comme tout autre événement de la vie. Une assurance privée peut aussi être contracté si la personne le veut. C'est un choix personnel. C'est comme l'assurance automobile. Pour des petits dommages ou l'entretien régulier, on va payer de notre poche pour éviter l'augmentation de la prime, mais face à un imprévu, on y a recourt.
On paye déjà pour ces services, mais on en ignore le coût. Ce genre de système de financement permettrait, au moins, de faire réaliser aux gens les coûts et ils pourraient même baser leur choix selon le coût et la qualité du service pour obtenir le meilleur rapport qualité/prix selon leurs besoins, leurs volontés et leurs exigences.
Encore ici, le marché (la volonté des consommateurs) va dicter les programmes d'assurances que les gens veulent avoir pour couvrir leur santé. Ceux avec des habitudes de vies à risques (obèse, fumeurs, casse-cous) seront conscient du coût supplémentaire et devront y participer un peu. Ça risque d'encourager de saines habitudes de vie.
Bien sûr, ce ne sont que des exemples de comment le financement pourrait fonctionner. À vous d'en trouver d'autres. Je ne suis pas un spécialiste et c'est pourquoi mes propositions de financement sont très vagues. C'est le concept qu'il faut retenir. Je pense qu'il faut que les gens soient conscients des coûts de leurs visites médicales et qu'ils soient encouragés par leur portefeuille à faire attention à ces coûts. Deux bons exemples peuvent être trouvés ici et ici. Faites-vous votre propre opinion sur le sujet.
Pour conclure
Un changement de mentalité s'impose en santé. Tout le monde en est conscient. Je pense que les éléments ci-haut se trouve être un excellent premier pas à faire dans le domaine de la santé. Il faut arrêter de voir le privé comme le mal où le gros exploite le petit. Le privé à pour but de faire de l'argent, oui, mais cette motivation le pousse à satisfaire sa clientèle au maximum. Les profits du privé sont exactement la même chose que votre salaire. Vous cherchez à l'augmenter toujours plus et en retour votre employeur vous en demande toujours plus. C'est identique dans une relation client/fournisseur. À chacun de trouver son terrain d'entente. Comme personne n'accepte un échange qui le désavantage, tout le monde y trouve son compte.
Une chose est sûre. Le privé doit être vu comme un allié dans ce dossier, pas comme un ennemi. Quoique nos syndicats en pensent, c'est la solution à notre problème. Si seulement la prestation était privatisé, même si les coûts ne seraient pas réduits, nous aurions au moins du meilleur service.
Vos commentaires sont appréciés!
P.S: Un autre billet que j'ai bien aimé sur le sujet.
lundi 8 mars 2010
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