jeudi 11 mars 2010

La mauvaise compréhension ou utilisation du privé

Lien pertinant: http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/national/201003/10/01-4259073-immeubles-federaux-menus-travaux-gros-prix.php


En discutant de ce dossier avec un collègue hier, j'ai réalisé que la plupart des gens ont une mauvaise conception de la participation du privé dans l'économie et pourquoi ce serait avantageux de revenir à un libre-marché avec beaucoup moins d'état.


Mon interlocuteur me parlait de ce cas précis de SNC Lavalin qui chargeait très cher pour des simples petits travaux qui, s'ils étaient exécutés par un fonctionnaire, ne couterait pas plus cher, car le salaire supérieur de l'employé se trouve en fait être le profit de la compagnie privé.


Aussi, il a dit que la compagnie privé va toujours se garder une marge de profit sur chaque travail effectué, marge de profit qui serait donné en salaire à un employé public ce qui, en bout de ligne revient au même. On n'y trouve aucun avantage. Par contre, selon lui, c'est aussi bien dans le public, car ce "profit" est réparti parmi plus de gens que dans les poches des actionnaires de SNC Lavalin.


Si on suit ce raisonnement, on en arrive à la même conclusion. Je vous invite avec moi à comprendre pourquoi ce raisonnement est erroné.


Tout d'abord, ce cas précis (qu'on peut comparer à une tonne d'autres cas), n'est pas moins de l'étatisme que si le service était offert par des employés publics. Au lieu de donner l'argent à des fonctionnaires, on le donne à une compagnie privé pour faire le même travail. On change le nom, mais l'exercice est exactement le même. C'est juste que la personne qui fait le travail ne porte pas le même nom. C'est Paul au lieu de Pierre.


La garantie de la rémunération du travail continue d'être offerte par l'état avec de l'argent non productif qui a été prise des créateurs de richesses. Ce n'est pas un exemple de libre-marché; au contraire, on observe encore ici un monopole étatique avec tous les problèmes que ça amène. C'est évident que SNC va charger trop cher, car il est protégé par une foule de monopole étatique pour justifier ses prix. Exemple qu'on retrouve dans l'article.



INSTALLATION D'UNE SONNETTE
1000,41 $
- Les travaux consistaient à passer du fil à travers un plafond.*
- Ils ont été effectués après 18h, donc à taux double pour un minimum de quatre heures.*
ACHAT DE DEUX PLANTES ET DE DEUX POTS
1948,72$
- «C'est pour 2 plantes avec pot pour le (local) 5B3. Les plantes sont: une Cycas revoluta de trois pieds de hauteur avec pot associé et une Yucca elephantipes de 6 pieds avec pot associé. « (porte-parole de Profac). *
INSTALLATION DE TROIS STORES
1414,95 $
- Les travaux consistaient à installer 3 stores pour la salle 10A1203 de la tour A. Chaque nouveau store coûtait 392$ ou 335$, y compris l'installation qui a été faite après les heures de bureau.*
ENLÈVEMENT D' UN INTERRUPTEUR
1000,41 $
- Le travail consistait à enlever un interrupteur d'un bureau et il a été fait après les heures régulières (par un sous-traitant). Des heures supplémentaire sont donc pu être facturées. *
ENLÈVEMENT D'UN PANNEAU ÉLECTRIQUE DE «SORTIE»
256,22 $
- L'enseigne électrique de plafond était branchée sur un courant de 347volts. Les travaux ont été faits le jour; selon l'entente de la convention électrique du Québec, un minimum de 2 heures à temps régulier devait être facturé. *
POSE DE SIX LUMIÈRES ENCASTRÉES DANS LE PLAFOND
5266,80 $
- Il s'agissait d'installer du câblage partant de la salle électrique et une nouvelle prise dans le plafond
après les heures de travail, donc nécessitant le paiement d'heures supplémentaires. *
«EXTRA» MÉNAGE DANS LES BUREAUX DU MINISTRE ET DU SOUS-MINISTRE
18 650,87 $
- Il s'agit d'un coût pour six mois, récurrent, donc de 36 000 $ par an. «Le contrat de ménage ne couvre pas du nettoyage «extra durant le jour», a expliqué le Ministère. D'où les coûts supplémentaires pour les services supplémentaires. *


On voit ici plein d'exemple de protection étatique que ce soit par rapport aux règles syndicales (temps supplémentaires, car en-dehors des heures normales) ou d'organisation comme la convention électrique du Québec. Quand nous défendons un système de libre-marché où les services sont offerts de façon privé suite à une entente entre deux ou plusieurs parties, il ne faut pas se référer à ce genre de manifestation pour essayer d'en comprendre la logique. Ça n'a rien à voir.
Comment on s'y prend alors?
Je vous invite à le comprendre avec deux scénarios. Le premier prend en considération les organisations étatiques actuelles et l'autre nous place dans un monde libre.
Prenons l'exemple de l'entretien de bâtisse. Un pavé doit être refait entre la porte d'entrée principale de la bâtisse et le stationnement. Le gouvernement cherche une personne ou une organisation pour réaliser les travaux. Dans notre monde étatique actuel, l'entrepreneur doit absolument faire partie de la CCQ, payer ses employés le salaire établi par la CCQ, payer du temps supplémentaire si ça termine après 17 hrs (par exemple), il doit remplir la paperasse nécessaire pour répondre aux exigences administrative du gouvernement. Tout ça à un coût X. Ce coût X est, je vous l'accorde, sensiblement le même (moins la perte de productivité causé par l'environnement ministériel) qu'il aurait été si le travail avait été effectué par des employés publics. Donc, sur ce point, le privé n'apporte que le gain de productivité en plus-value. Il y a aussi le fait que le privé gère son argent et qu'il risque d'être plus consciencieux sur son utilisation, mais ce n'est pas le sujet que je veux aborder.
Le deuxième exemple est beaucoup plus intéressant. Prenons ce même pavé qui doit être réalisé. Cette fois, les règles corporatistes, socialistes qui contraints tout le monde à suivre des règles d'organisation du travail sont abolis. Notre cher gouvernement réussi à dénicher notre cher ami André pour faire le travail. Qui est André?
André est un retraité dans la soixantaine. Il a connu une belle carrière et peut maintenant jouir d'une belle indépendance financière. Malheureusement sa femme est morte il y a quelques mois et il trouve maintenant le temps long et s'ennuie. Il décide donc de faire des petits travaux à gauche et à droite pour se désennuyer, mais la question financière n'est vraiment pas importante pour lui. Il est intéressé à restaurer ce pavée devant l'immeuble. Ça va le désennuyer pendant quelques temps et son bon ami est aussi intéressé à l'aider ne serait-ce que pour passer du temps avec son comparse. Les deux hommes ne demandent comme rémunération que ce qui est nécessaire pour couvrir leurs dépenses (matériaux, nourritures, déplacements et autres).
Dans quel scénario pensez-vous que le pavé coûtera le moins cher aux contribuables et où la valeur productive du travail sera la plus élevé? Dans le deuxième scénario, bien entendu. Les ressources non utilisés qui auraient été gaspillés dans le scénario #1 peuvent alors être redirigé vers d'autres objectifs, pour répondre à d'autres besoins. Ainsi, tout le monde est content. On réussi à avoir plus pour les mêmes ressources. André n'a pas été forcé de travailler pour pas cher et le gouvernement à sauver de l'argent. Les deux partis sont satisfaits et tout le monde a obtenu ce qu'ils voulaient. C'est la base même du libre-marché!
Les réticences
Ici, certains vont me dire qu'André a privé de travail un travailleur de la construction ce qui va diminuer le salaire de ce dernier. Au contraire, ce travailleur de la construction pourrait utiliser son temps à faire autre chose d'utile. On est gagnant. Pourquoi des règles étatiques obligeraient André à se priver du fruit de ce travail (dans ce cas, le divertissement et le passe-temps) tout simplement parce qu'une majorité à un jour voté (via les élus) pour empêcher n'importe qui à réaliser des travaux de construction. N'est-ce pas là ce qu'on appelle de brimer des libertés fondamentales soit la liberté de vivre sa vie comme bon nous semble et de récolter le fruit de nos efforts?
Je suis d'avis que personne n'a le droit de dicter la conduite d'une autre personne ni ce qu'elle fait de son corps, sa vie, son temps et sa propriété tant et aussi que ces actions ne briment pas la liberté du voisin bien entendu. Si André veut produire du travail à rabais, il doit être libre de le faire et n'importe qui doit également être libre de retenir ses services. L'était n'a pas à interférer dans une entente commerciale entre différents parties.
Pour conclure
J'espère avoir démystifié un peu le concept de libre-marché et que vous allez mieux comprendre dans l'avenir ce que les libertariens veulent faire comprendre quand ils défendent le libre-marché. C'est une partie difficile à comprendre, mais qui ouvre la voie à la compréhension d'une tonne d'autres aspects relative à la liberté.
Quand on entend parler du gouvernement qui a privatisé tel ou tel secteur ou service, la plupart du temps ils le font en imposant des règles strictes ce qui vient enlever une grosse partie de bénéfices que le libre-marché pourrait nous apporter. Par exemple, on parle d'intégrer le privé en santé. Le gain ne sera pas aussi grand qu'il pourrait l'être si ce marché était libéralisé, car ce sera fait dans un cadre hyper-précis qui va enlever beaucoup de place à l'innovation des entreprises. Aussi, une lourdeur administrative serait sans doute nécessaire pour remplir la paperasse qui serait, sans doute, demandée par le gouvernement.
Je suis conscient de n'avoir qu'effleuré le sujet, mais le texte est déjà long, alors je me suis dis que c'était suffisant. Je vais probablement écrire d'autres articles sur le sujet dans le futur.
Vos commentaires sont appréciés!

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