Ceci est le deuxième tome de ma série d'articles expliquant un peu mieux mes motivations d'adhérer aux principes libertariens. Vous pouvez trouver le premier tome, le coté social, ici.
Aujourd'hui, je m'arrête sur une partie du côté économique de cette vision politique. Ce penchant sera traité en deux parties: la monnaie (cette partie), et les interventions étatiques (la prochaine partie).
Qu'est-ce que la monnaie
Cette question, qui semble un peu bête, est en fait très importante. La monnaie ne fait pas la richesse. La monnaie ne vaut rien en tant que tel. La monnaie n'est pas un "bien" à se procurer ou dont les gens rêvent.
La monnaie est un moyen très efficace, dont les gens se sont prévalus au fil du temps, pour accomplir des transactions dans un marché économique. Dans le passé, on pratiquait le troc qui consistait à échanger un bien contre un autre bien. Aujourd'hui, on échange de l'argent contre un bien, mais cet argent est alors utilisé pour se procurer un autre bien ce qui revient au même au bout du compte.
Donc, la monnaie n'a comme valeur que ce qu'elle permet de se procurer. Si une personne a 100$ en main, ce 100$ peut être utilisé pour se procurer les biens qui sont disponibles. Si nous avons seulement une pelle qui peut être acquise, l'acheteur sera alors prêt à utiliser son 100$ pour l'acquérir, car le reste de l'argent ne servirait alors plus à rien puisque tous les biens seraient alors épuisés. Chaque dollar vaut donc un centième de pelle. Par contre, si nous ajoutons une casquette, un vélo et un ballon à notre lot de biens disponibles, le 100$ a maintenant plus de valeur, car chaque dollar permet d'acquérir beaucoup plus qu'une simple pelle.
Ainsi, on peut ainsi observer que la valeur de la monnaie est directement reliée à la quantité de biens et services en circulation dans une économie. L'inflation se veut une augmentation de la masse monétaire par rapport à la quantité de produits disponibles. La déflation représente l'inverse, soit une diminution de la masse monétaire par rapport à la quantité de produits disponibles.
D'où provient la monnaie
Au départ, la monnaie avait une valeur plus tangible qu'un simple bout de papier. Dans l'histoire, nous avons très souvent observé l'utilisation de l'or comme monnaie. Ce métal est parfait pour cette utilisation, car il est difficile à trouver, ne se dégrade pas et à un attrait esthétique. Les monnaies d'or ont été très longtemps utilisées et s'avéraient un moyen beaucoup plus pratique que le troc pour interagir dans une économie.
Au fil du temps, les gens commencèrent à trouver de moins en moins pratiques le fait de traîner de l'or de par son poids et l'espace qu'il occupe. Donc, les banques, chez qui les gens déposaient leur or pour plus de sécurité, ont commencé à distribuer aux gens des reçus indiquant une valeur en or. Ainsi, quelqu'un pouvait se promener avec son reçu valant, par exemple, 2 grammes d'or. Le boulanger acceptait alors ce reçu contre son pain et pouvait alors aller récupérer son or chez la banque émettrice du dit reçu. Ce fut l'apparition du papier-monnaie. Jusque là, tout allait bien. Les gens évoluaient encore dans un libre-marché et tout le monde était content!
Aujourd'hui, nous n'utilisons que du papier-monnaie ou de l'argent électronique. Un et l'autre se valent et n'ont aucune valeur intrinsèque, car elles ne sont plus basés sur quelque chose de concret comme l'or. Les pays ont abandonné l'étalon-or (argent basé sur l'or) durant le XX ième siècle, car ça les avantageait, j'y reviens plus loin. Leurs valeurs ne reposent en fait que sur la confiance que les usagers leur portent ainsi que de la quantité de biens disponibles dans l'économie (comme expliqué précédemment).
Cet argent provient de la banque centrale, la banque du Canada ici et la Federal Reserve aux USA. Ces dernières ont le monopole exclusif de la création et l'impression de la monnaie. Elles contrôlent aussi le taux d'intérêt en établissant le taux auxquels elles prêtent l'argent nouvellement créé aux banques et aux gouvernements.
Création monétaire
Si on continue notre histoire précédente, les banquiers ont fini par comprendre qu'ils pouvaient prêter l'or qui était stocké dans leurs coffres. Ces prêts leurs permettaient de faire de l'argent avec l'argent des autres. En prêtant 6 grammes d'or de quelqu'un à son insu, ils pouvaient en retour exiger un remboursement de 7 grammes. Ils pouvaient alors s'emparer du gramme restant. Encore ici, tout allait bien. Les reçus pouvaient encore être réellement échangés en or et l'argent gardait donc une valeur stable.
Ensuite, les banquiers, voulant encore plus d'argent, ont amélioré le système qui était encore inconnu du public. Ils savaient que les clients ne venaient jamais chercher tout leur or au même moment et presque jamais en entier. Donc, nos banquiers ont donc commencé à émettre plus de reçus que la quantité réelle d'or. Ça leur permettait d'augmenter leurs revenus d'intérêts et ils s'enrichissaient encore plus. La supercherie a pu durer très longtemps, car aussitôt qu'un épargnant demandait à ravoir son or ou bien à tout simplement la voir, le banquier pouvait lui montrer que son or était bel et bien là, en sécurité, dans son coffre. Donc, les gens avaient confiance.
Ce système est encore celui qui prévaut aujourd'hui. On l'appelle le système de Réserve Fractionnaire. En gros, ça implique qu'une banque n'a comme seule obligation que de garder qu'une partie du montant d'un dépôt en réserve et qu'elle peut prêter le reste. Comme notre banquier ci-haut. Un vidéo intéressant ici!
Donc, dans un système à 10% de réserve, par exemple, un dépôt de 100$ génère un prêt de 90$ qui lui génère un prêt de 81$ et ainsi de suite. À la fin du processus, le 100$ de départ aura créé environ 1000$. Un 1000$ qui vient d'être créé et celui-ci n'est basé sur absolument rien comme vu plus haut. Pour plus de détails à ce sujet, vous pouvez lire ceci.
Revenons maintenant sur les banques centrales. Ces dernières peuvent imprimer de l'argent à partir de rien. Seulement à partir de papier et d'encre. Ça semble trop simple vous me direz, vous avez raison. C'est effectivement trop simple et c'est malheureusement notre réalité. Ces banques centrales impriment de la monnaie (elle peut être virtuelle aussi, un simple chiffre sur un relevé bancaire) et distribue celle-ci dans le marché. Cet argent créé ex nihilo entre dans l'économie de différentes façons. Soit la banque centrale achète des titres de dettes au gouvernement à un très faible taux d'intérêt ou bien cet même argent devient de l'épargne dans les banques qui peuvent ensuite continuer la création monétaire par les réserves fractionnaires. D'une façon ou d'une autre, du nouvel argent est introduit dans l'économie.
L'inflation et la déflation
Comme mentionné plus haut, la valeur de l'argent est principalement déterminé par la valeur des biens et services qui peuvent être acquis avec celle-ci. D'autres facteurs entrent en ligne de compte comme par exemple lorsque des pays étrangers décident de stocker la monnaie de d'autres pays, mais je n'aborderai pas ce sujet, car ce n'est vraiment pas à ce niveau que le problème se situe.
Donc, si la valeur de l'argent est influencé par sa quantité relative, on peut facilement conclure que plus on augmente la masse monétaire relativement à la quantité de biens et services, plus on observe de l'inflation, car l'augmentation de la quantité d'argent disponible fait monter les prix. Si au lieu d'avoir 100$ pour acheter notre pelle, nous en avons 120$. Nous sommes toujours aussi riches d'une pelle et cette dernière nous a encore coûté la même chose soit 100% de notre avoir monétaire. La seule différence c'est que notre capitalisation en argent était supérieure. Donc, notre dollar ne vaut plus un centième de pelle, mais plutôt un cent-vingtième de pelle. C'est ce qu'on appelle l'inflation. La déflation se veut tout simplement le chemin inverse.
Les conséquences de l'inflation
Depuis notre tendre enfance, on apprend que l'inflation est normal, nécessaire et que c'est le signe d'une économie en santé. Depuis notre tendre enfance, nous entendons parler de l'augmentation du coût de la vie à chaque année. Normalement, elle se situe dans les 2%. Depuis notre tendre enfance, nous apprenons que les prix montent constamment, que les maisons prennent de la valeur, que nos salaires augmentent, etc. Depuis notre tendre enfance, on croit que tout ceci est normal et que c'est ainsi que l'économie fonctionne sans trop comprendre pourquoi.
Ça n'a pas toujours fonctionné ainsi. Ce phénomène s'est accentué à chaque fois que l'état a pris le contrôle sur la monnaie nationale.
Nous savons que l'inflation est causée par une dévaluation de la monnaie. Cette dévaluation est très avantageuse pour un emprunteur et très désavantageuse pour le prêteur. J'illustre mon propos. Prenons l'exemple des hypothèques. Vous avez 25 ans pour payer votre hypothèque. Admettons que votre taux d'intérêts moyen reste stable pendant vos 25 ans (seulement pour faciliter l'explication). À l'année 1, il vous en coûte 1000$ par mois pour rembourser votre hypothèque. Ce 1000$ représente, admettons, 30% de votre salaire. À l'année 25, il vous en coûte encore 1000$ pour votre remboursement (en supposant un même taux d'intérêt, ne l'oublions pas). Ce 1000$ représente maintenant 20% de votre salaire, peut-être plus, peut-être moins.
Une chose est sûre, dans la majorité des cas, le coût relatif de votre hypothèque aura diminué, car vous aurez eu des augmentations de salaires pour suivre l'inflation. Donc, vous voyez ici que l'inflation avantage l'emprunteur. Qui est le plus grand emprunteur dans une économie actuellement? L'état, le gouvernement. Il n'y a qu'à regarder l'état de la dette publique.
D'un autre coté, celui qui prête l'argent voit la valeur de son investissement diminuer plus le temps avance. Si vous prêter 20$ à votre voisin et qu'il vous rembourse l'année d'après, votre 20$ n'aura plus la même valeur que lorsque vous lui avez passé. Ce 20$ ne vous permettra plus d'acheter autant de biens et services qu'il aurait pu le faire une année avant. Par le même principe, quand vous déposez 1000$ à la banque pour les imprévus, qu'arrive-t-il après 4 ans sans imprévu? Votre argent a perdu de sa valeur. Donc, dans une économie inflationniste, l'épargne perd de sa valeur à mesure que le temps avance.
Donc
En y pensant bien, l'inflation n'est en fait qu'une taxe déguisée qui sert le gouvernement et qui nuit aux contribuables. Votre épargne s'effrite de plus en plus tandis que le fardeau fiscal de l'état diminue (si on n'augmente pas constamment la dette, bien entendu). Donc, au lieu de vous enlever votre argent directement par taxation et frais divers, on fait perdre de la valeur à votre épargne et à vos avoirs. Ça permet au gouvernement de réduire son fardeau fiscal face à sa dette et d'engranger des nouvelles dépenses ce qui est bon pour la réélection... Un autre billet à ce sujet peut être trouvé ici.
Pour conclure
Les libertariens, en adhérant à l'école économique autrichienne, sont parmi les seuls à ouvertement dénoncer cette arnaque monumentale. Le gouvernement, en créant de la monnaie et en ayant légalisé la réserve fractionnaire, vole le contribuable qui n'y voit que du feu.
C'est comme si un membre de votre entourage venait vous voler une infime partie de vos avoir à chaque jour sans que vous vous en aperceviez. À long terme, ces petits vols vous auront couté beaucoup.
Le gouvernement, qui est supposé être là pour le bien collectif, se trouve en fait à nous voler à chaque jour à notre insu en diminuant constamment la valeur de nos avoirs. Dans une véritable démocratie, les individus pourraient jouir du fruit de leurs labeurs à juste mérite et devraient être protégé contre les violations de leurs libertés et propriétés. En plus, cette création monétaire joue un grand rôle dans les cycles de bulles et de creux (ou récession). J'y reviendrai dans mon prochain billet de la série.
Voilà une autre raison pourquoi j'ai adhéré aux principes libertariens dernièrement. D'autres éléments vont suivre dans des billets ultérieurs.
Si vous voulez plus d'informations à ce sujet, je vous invite à visiter les sites que vous trouverez dans ma bannière de droite. Ils font partie de ceux qui m'ont aidé à mieux comprendre la réalité économique dans laquelle nous vivons!
Je vous laisse sur ceci:
“It is well enough that the people of this nation do not understand our banking and monetary system, for if they did, I believe there would be a revolution before tomorrow morning." - Henry Ford
"You have to choose between trusting to the natural stability of gold and the natural stability of the honesty and intelligence of the members of the government. And, with due respect to these gentlemen, I advise you to vote for gold." - George Bernard Shaw
Vos commentaires sont appréciés!

0 comments:
Enregistrer un commentaire