lundi 5 octobre 2009

Qu'est-ce que le libertarianisme?

Laissez-moi vous entretenir de la vision politique à laquelle je souscris et que dont j'adhère à fond. Il s'agit du libertarianisme.


Ce courant politique prend ses origines du courant libéral. Le libéralisme d'aujourd'hui est beaucoup différent de celui qu'on peut qualifier d'ancêtre au libertarianisme et c'est pourquoi c'est la seule mention au courant libéral que vous allez trouver dans cette article.


Les principes libertariens sont très simples. Il n'y a que trois valeures et principes fondamentaux qui sont à la base de toute la société.


  1. Chaque individu à droit sur sa vie et est libre de la mener comme bon lui semble.
  2. La protection de la propriété privée est essentielle au respect de ce droit.
  3. Aucun individu ou regroupement d'individus quels qu'ils soient ne doit utiliser la force ou la fraude contre la volonté des autres.


Ces trois phrases sont très belles, mais qu'impliquent-elles concrètement? Laissez-moi vous expliquer chacun des points en détail. Ensuite, je vous introduirai au rôle du gouvernement dans une société libertarienne. Vous n'aurez qu'un bref aperçu du rôle de l'état, car d'autres articles vont suivre qui vont explorer les facettes économiques et politiques d'un monde libertarien.


LIBERTÉ INDIVIDUELLE


Commençons donc par le premier point. Je crois fermement que chaque personne a droit sur sa vie et est libre de la vivre comme bon lui semble. Qui de mieux que moi-même pour décider de ce qui est bon pour moi. Bien entendu, les principes que j'explique ici s'appliquent aux adultes. Il est évident que le rôle parental est et sera toujours très important pour le développement d'un être humain.


En suivant ce principe, toutes lois ou tous règlements qui limitent nos possibilités de vivre notre vie comme bon nous semble sont totalement injustifiés et n'ont aucune raison d'être. Bien entendu, cette liberté comporte des responsabilités. On est responsable de nos choix et on doit en assumer les conséquences à tous points de vue. Ces responsabilités impliquent, entres autres, de respecter la liberté des autres. Donc, vous aurez compris que tant que nos actions ne perturbent en rien la vie des autres, il n'y a aucun problème. Aussitôt qu'une personne est brimée par l'action d'une autre personne, ou d'un regroupement de personnes, des conséquences s'en suivent.


Conséquemment, toutes lois qui régissent les relations entres adultes consentants, les comportements individuelles et les règles d'entreprises sont totalement inutiles. Toutes échanges et interactions entre les individus se font avec l'accord des parties concernées et aucune loi ne devrait intervenir en ce sens. Tout manquement à un contrat ou une obligation amène des sanctions.


Donc, on pourrait résumer en disant : " Vivre et laisser vivre". J'irais même jusqu'à dire que les libertariens sont les personnes les plus tolérantes dans notre société, car ils ne portent aucun jugement sur la façon de vivre des autres.


LA PROPRIÉTÉ PRIVÉE


Une autre règle essentielle de la bonne marche d'une société libertarienne est la protection de la propriété privée. Nous partons du principe de base que tout ce que nous avons acquis, développé, bâti, etc. par notre travail et nos efforts ou suite à une entente commerciale et de façon honnête, nous appartient et ne peut en aucun cas nous être enlevé sans notre consentement. Ceci inclut les impôts. J'y reviendrai plus loin.


Saviez-vous que dans notre société actuelle, ce droit n'est aucument respecté? Que le gouvernement peut, à tout moment, nous enlever notre propriété contre notre gré? Pensons à l'expropriation, par exemple. Si jamais l'état décide de vous exproprier, il est fort probable que vous y serez contraint et ce même si vous avez acquis votre propriété de façon honnête.


Afin de s'assurer que les libertés individuelles soient maintenues, il est impératif que le droit à la propriété privé soit absolument protégé et respecté. Tout ce qu'une personne a obtenu suite à son travail, ses efforts, ses échanges, ses contrats et de façon honnête ne devrait faire l'objet d'aucune règlementation dirigeant, limitant ou dictant l'utilisation que le propriétaire peut en faire. Bien entendu, il faut toujours garder en tête que ce droit de jouir de nos propriétés, matérielles ou intellectuelles, comporte des responsabilités et s'arrête là où la liberté des autres commencent.


Par exemple, d'arrêter le bruit excessif à 23 hrs le soir est une règle totalement contre la philosophie libertarienne, car, comprennez-moi bien, le bruit excessif devrait être évité tout le temps, car ce même bruit entrave la liberté de mes voisins de jouir librement de leur propriété à eux.


C'est certain que certaines circonstances, des travaux de constructions, par exemple, font en sorte que le bruit excessif doit se produire. À ce moment, des arrangements volontaires entre les individus se font avec des règles sur les moments, circonstances et sur le déroulement des opérations relatives à ce bruit.


UTILISATION DE LA FORCE CONTRE LES AUTRES


En lien avec les deux points expliqués plus haut, il devient évident que l'utilisation de la force et de la fraude afin d'empêcher les autres d'exprimer leur liberté et de jouir de leurs propriétés (tant qu'elle n'empiète pas sur la nôtre) est totalement inaceptable.


Aucune personne, groupe de personnes ou organisation ne peut contraindre un individu ou un regroupement d'individu à se conformer à une norme ou à un règlement contre son gré. Bien sûr, chacun est libre de protéger sa propriété avec les moyens nécessaires (il ne faut pas oublier le jugement, vous l'aurez compris).


LE RÔLE DE L'ÉTAT DANS TOUT ÇA?


Comme mentionné plus haut, je ne vais que résumer le rôle du gouvernement dans une société libertarienne, car j'y reviendrai souvent dans mes articles subséquants.


Dans un monde libertarien, basé sur le respect mutuel, l'entraîde volontaire et où tous et chacun sont libres de commercer à leur convenance, le rôle de l'état est, théoriquement, philosophiquement, totalement nul. C'est sûr ce point que certaines divergences se constatent parmi les adeptes du mouvement libertarien.


Il y a deux principales catégories de libetariens: les minarchistes, auxquels je m'identifie, et les anarcho-capitalistes. Les deux demandent une bonne compréhension de la théorie autrichienne de l'économie afin de bien comprendre le bien fondé de la philosophie. Je reviendrai sur cette même école dans mon prochain article.


Commençons par expliquer l'anarcho-capitalisme, celui qui me rejoint beaucoup moins. Les anarcho-capitalistes prônent l'abolition complète du gouvernement à tout point de vue, laissant la liberté aux gens d'évoluer dans un monde de libre-marché et ayant toute la latitude pour vivre leur liberté et la défendre. La résolution de conflit se fait à l'aide d'agences privées et la protection est assuré par des agences de sécurités privées dont les gens sont libres de retenir les services ou non. On pourrait comparer, avec nuance cependant, cette philosophie à l'état de nature, à la loi de la jungle. Ce n'est pas le courant le plus populaire du libertarianisme et il ne le deviendra probablement jamais.


L'école de pensée la plus populaire du libertarianisme est celle du minarchisme, auquel votre fidèle serviteur souscrit à 100%. Le minarchiste croit que le rôle de l'état national (pays), du gouvernement, est seulement et exclusivement de protéger les trois principes que je vous ai énumérés plus haut. Le gouvernement n'a comme unique raison d'être celle de protéger la vie, la liberté et la propriété des individus ainsi que de les protéger contre les oppressions et agressions.


Dans un monde minarchiste, le gouvernement national (pays) ne comporte que deux instances, soit la sécurité publique (armée et police) et la justice. La sécurité publique nous assure de nous protéger contre les oppresseurs et les attaquants et donc protège notre vie et notre droit à la liberté. La justice remplit sensiblement le même rôle qu'actuellement. Elle règle les litiges au niveau de contrat entre partis (après qu'un arbitrage privé et volontaire est échoué) et puni les criminels.


Les criminels dans un monde libertarien ne sont que les personnes qui ont usé de fraudes ou de forces pour contraindre quelqu'un à quelque chose ou pour porter atteinte à son intégrité physique et psychologique ainsi qu'à sa propriété. Les crimes sans-victimes ne sont plus règlementés dans un monde libertarien comme la consommation de drogue et les pratiques sexuelles entre adultes consentants. Il ne fait aucun doute que, pour donner un exemple, si un junkie commet un vol pour payer sa dose, ce crime (le vol) est TOTALEMENT inaceptable dans un monde libertarien et que des sanctions devant la justice se produisent aussitôt.


Je vous démontrerai à travers mes billets futurs que toutes les autres sphères de la société peuvent très bien être remplis par des institutions privés dans un monde de libre-marché.


IMPÔTS ET FINANCEMENT DU GOUVERNEMENT


Comme j'ai mentionné brièvement plus haut, notre propriété ne doit en aucun cas nous être enlevé par la force. Notre revenu fait aussi parti de nos propriétés et c'est pourquoi le prélèvement d'impôts est contraire à la philosophie libertarienne. Cependant, comme rien n'est parfait dans ce bas monde, comme nous avons besoin d'un état pour protéger notre vie et notre liberté, il est évident que cette institution étatique doit trouver son financement quelque part. Les minarchistes considèrent le gouvernement comme un mal nécessaire, mais ce dernier n'a que comme seule raison d'être les points expliqués plus haut. Donc, les minarchistes sont conscient qu'un minimum d'impôt doit être prélevé afin de maintenir ces seules institutions étatiques. Je préciserai ce point dans des articles ultérieurs.




POUR CONCLURE


Vous avez ci-haut un aperçu de la pensée libertarienne. Un article viendra pour expliquer le principe de l'économie autrichienne qui vient se marier à cette philosophie. Plusieurs articles suivront qui vous permettront de comprendre la synthèse de mon cheminement de pensée des derniers mois qui a complètement changé ma façon de voir notre société moderne.


Je vous invite à me laisser vos commentaires. C'est de cette façon qu'on peut parfaire notre vision.


Merci beaucoup, revenez bientôt!

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